Innovation : les banques traditionnelles doivent garder le rythme

Quand on est une banque implantée dans le paysage financier depuis des décennies, voire des siècles, il est important de se remettre en permanence en question afin de ne pas rater les principaux virages du marché. Depuis 30-40 ans, le virage du numérique est probablement l’un des plus importants auquel la sphère financière a été confronté depuis les débuts du mercantilisme. À l’heure où le marché est à nouveau chamboulé par de nouveaux entrants (Carrefour Banque avec son compte C-Zam et Orange Bank qui devrait arriver fin mai), l’identification de nouveaux relais de croissance est plus que jamais une priorité. L’offre bancaire regorge donc de nouveaux produits plus ou moins alléchants, mais qui intègrent de plus en plus les nouvelles technologies de l’information et de la communication.

Les crédits à la consommation

Symbole de la concurrence effrénée du marché bancaire, le crédit conso est le grand gagnant de la vague de libéralisation financière initiée au début des années 1984. courtage-innovation-banque-300x200Des établissements spécialisés ont même ouvert leurs portes, à une période où le marché était florissant. Près de la moitié de la population possédait un crédit, contre seulement 25,5% en 2017. Un recul probablement imputable à la crise financière de 2008, et à sa réplique sismique de surendettement en 2011, mais pas seulement ! En effet, le crédit bancaire est aujourd’hui supplanté par d’autres formes de financement. Le crowdfunding, par exemple, est réputé plus flexible et moins astreignant pour l’individu. Et si l’heure est aux plateformes collaboratives (IndieGogo, Leetchi, Ulule, Wiseed, …), les banques pourraient bien internaliser ce genre de service à plus ou moins long terme.

Le courtage en crédit

Le courtage n’est pas une pratique nouvelle dans le paysage financier : comparer des offres à la place du client afin de proposer directement la plus intéressante est une pratique très répandue, et pas que dans le monde de la finance. Mais depuis les années 1970, ce secteur a réellement décollé avec le développement de l’économie numérique et des nouveaux moyens de communication. Le courtage d’offres de crédit est très apprécié par les banques, qui y voient un moyen de recruter une clientèle sur le long terme grâce à des contrats engageants. Quand on met cette possibilité en perspective avec le fait que 99% des Français possèdent un compte en banque aujourd’hui, on se rend compte de l’intérêt de cette manœuvre. C’est pourquoi les frais de dossier ou d’autres remises sont souvent offerts lorsque l’on passe par un organisme de courtage.

La banque en ligne

Prendre un service déjà existant et le transposer intégralement en ligne. Cette phrase est aussi simple que le marché de la banque en ligne est compliqué. innovation-banque-mobileExtrêmement concurrentiel, il continue d’attirer de nouveaux acteurs (Carrefour, Orange, …). Grâce à la flexibilité toujours plus importante d’Internet, l’utilisation d’API ou de chatbots, beaucoup de chemin a été parcouru depuis l’apparition des premiers services bancaires en ligne sur Minitel. Les options bancaires “en ligne” étaient alors perçues comme des suppléments, à payer en plus d’une offre physique classique.

Aujourd’hui, la plupart des banques en ligne sont la résurgence online d’une banque de réseau qui possède des agences physiques et une stature solidement implantée. BNP Paribas a ainsi lancé Hello Bank!, Société Générale a investit dans Boursorama Banque, le Crédit Agricole a lancé une offre premium avec BforBank, le CIC est resté fidèle à son esprit d’accessibilité avec Monabanq, … et au milieu, certaines FinTechs ont réussi à s’en tirer grâce à une bonne innovation, ou une qualité irréprochable : N26 ou Younited Crédit en font partie. Et lorsque le succès est au rendez-vous, les grands groupes ne rôdent jamais bien loin. Le Compte Nickel, un “compte sans banque” réputé pour son aversion du système bancaire classique, a été racheté début avril 2017 par BNP Paribas pour un montant estimé à 200 millions d’euros. Ce genre d’opération permet à un grand groupe de combler un éventuel retard d’innovation ; en mettant la main au portefeuille.

Les moyens de paiement

Même pour une chose aussi ordinaire que les moyens de paiement, les banques ont perdu leur position dominante. La carte bleue, distribuée en grande majorité par Visa et Mastercard, a pris l’ascendant sur les cartes de crédit distribuées directement par les établissements bancaires. Apple Pay - illustrationMais là encore, l’innovation nous rapproche d’un changement complet de paradigme. D’un côté, les startups proposent des solutions de cartes prépayées innovantes afin de se défaire de la centralisation importante du système bancaire. De l’autre, des mastodontes d’envergure mondiale (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) se donnent aussi du mal pour croquer dans le gâteau bancaire. À titre d’exemple, le service de paiement sans contact “ApplePay”, lancé en 2014, a déjà recueilli la bénédiction de nombreuses entreprises, et travaille avec les leaders historiques du marché (Visa, American Express, Mastercard, …) afin de se développer. L’implantation mondiale d’Apple facilite également le déploiement de cette solution.

Au milieu de toutes ces innovations, les banques doivent réussir à tirer leur épingle du jeu, en optant pour les meilleures technologies, celles qui porteront la croissance de demain.