Services financiers : l’Europe fait la cour aux FinTechs

La Commission européenne a récemment lancé une vaste consultation des différents acteurs du marché bancaire, afin de lancer une politique d’élargissement de la concurrence. Pour ce faire, la Commission souhaite mettre les services financiers dans des conditions de concurrence plus équitables d’un pays à l’autre.

Des services financiers qui ignorent les frontières

C’est le souhait ultime de la Commission. D’après un de ses communiqués daté du 23 mars 2017, , seulement 7% des consommateurs souscrivent à des offres de services financiers dans un pays de l’Union européenne différent de celui qu’ils habitent. Le but est donc de contrer cette rigidité du système afin “d’offrir aux Européens de meilleurs produits et un plus grand choix” de services financiers performants. Un plan d’action a été présenté afin d’uniformiser les pratiques au sein de l’Union européenne. Il préconise principalement de :

  • Renforcer la confiance des consommateurs. Ce point est d’autant plus important qu’en matière bancaire, le sentiment de sécurité du client est l’un des principaux déterminants d’achat. Il faut aussi qu’ils plus facilement faire valoir leurs droits. Par exemple, transférer son bonus de bon conducteur à une assurance étrangère ou faire gratuitement des transactions transfrontalières serait un énorme plus.
  • Diminuer le poids légal du mille-feuilles réglementaire, qui pèse trop fortement sur la flexibilité des entreprises. Il est déjà suffisamment difficile pour une entreprise d’éclore dans un seul et même pays, sans qu’on ait besoin de rajouter de nombreuses complications supplémentaires (et parfois inutiles) pour s’étendre au sein de pays de l’Union.
  • Appuyer le développement des nouvelles technologies financières, soutenues par la sphère numérique et le secteur privé. Ce point constitue une priorité absolue pour la Commission, qui y voit un moyen de répondre à des problèmes récurrents du secteur bancaire auxquels une réponse satisfaisante n’a pas encore été trouvée. Cela pourrait concerner le transit de données, la sécurisation des transactions, l’identification, et beaucoup d’autres thématiques importantes.

services financiers fintech illustration

Reconstruire le marché bancaire européen autours du progrès technique

À moyen terme, ce plan d’action vise à donner naissance à un véritable écosystème FinTech, suffisamment solide pour rivaliser avec la concurrence internationale. Sur le plan privé, il s’agit d’accompagner ces jeunes pousses financières afin qu’elles aillent le plus loin possible dans leur développement. Sur le plan public, il faudra mettre en place un cadre législatif propice aux affaires : harmonisation à l’échelle européenne des pratiques nationales, effacement des barrières à l’entrée des marchés nationaux, et respect du principe de libre concurrence.

Tous les professionnels du secteur scrutent avec attention ce plan d’action annoncé par Bruxelles : le marché de l’innovation est en effet très dynamique, et l’effacement de ses barrières pourrait donner naissance à de juteuses opportunités. Mais attention : pour les FinTechs existantes telles que N26, le Compte Nickel ou Yelloan, l’ouverture à la concurrence pourrait avoir un effet bénéfique comme dévastateur. Il sera dans tous les cas un test de leur résistance, et de la compétitivité de leurs offres face à des acteurs installés depuis plus longtemps sur le marché comme ING Direct ou la célèbre néobanque ouverte à tous : Monabanq.