Eurogroupe : la BCE continue sa politique inflationniste

Les taux directeurs de la Banque Centrale Européenne restent inchangés en avril 2017, et la situation devrait encore perdurer un moment. Cette annonce, faite par le porte-parole de BCE, institution monétaire basée à Francfort, n’est pas vraiment une surprise. Elle n’en reste pas moins une bonne nouvelle pour les banques européennes et les investisseurs, qui peuvent continuer à emprunter à des taux historiquement bas. La BCE a également confirmé la réduction de l’enveloppe allouée à son programme de rachat d’actifs publics et privés : cette dernière passera de 80 à 60 milliards d’euros, comme ça avait été annoncé plus tôt dans le mois.

L’inflation, nouveau remède de la BCE

Afin de contrer les effets de la crise des subprimes de 2008 et de la crise de la dette consécutive de 2011, la BCE a lancé une politique inflationniste. Le but est de faciliter la création monétaire et l’accès à la liquidité afin de stimuler l’activité économique, et soutenir la croissance (aussi faible soit-elle). Dans les faits, l’institution monétaire a donc adopté des taux directeurs extrêmement bas, et les maintient à un tel niveau historique depuis plusieurs années. Le taux de dépôt avait atteint pour la première fois un seuil négatif historique à -0,40% en juin 2014 : il est confirmé à ce niveau, pour encore un moment. BCE-taux-directeurs-illustrationLe taux de refinancement, qui permet aux banques telles que HSBC, Fortuneo ou Boursorama d’accéder à la liquidité, se maintient à 0,00%. Quant au taux de facilité marginale, il s’établit toujours à 0,25%. Derrière ces chiffres parfois indigestes, il faut voir une réalité économique : l’émission monétaire est très largement encouragée, puisque les banques peuvent se financer presque gratuitement auprès de la Banque centrale.

Ces taux directeurs sont stables depuis plus d’un an. Et d’après Mario Draghi, le président de la BCE, la situation devrait rester similaire pendant encore plusieurs semestres. La prochaine échéance à laquelle s’intéressent de prêt les analystes est la réunion de politique monétaire qui aura lieu au moins de juin prochain. Après toutes les échéances politiques très importantes aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et en France, des ajustements pourraient être décidés lors de cette réunion cruciale. D’autant plus que l’inflation a de nouveau reculé en mars : elle s’établissait à 1,5%, contre 2% en février.

Un soutien nécessaire à la reprise de l’activité économique

Entre la stabilisation de la situation en Grèce et à Chypre, et les réformes consenties par les Etats membres, on estime aujourd’hui que le risque économique s’est affaibli depuis la crise de 2011.
BCE-Mario Draghi-euroL’éclatement ne menace plus de frapper la zone euro (du moins, sans initiative politique), et les économies des pays de la zone euro sont en meilleure santé. L’un des premiers enseignements théoriques en économie, c’est que cette dernière est cyclique. Pour Mario Draghi, l’économie européenne est dans une phase de redémarrage d’un nouveau cycle. La politique monétaire actuelle est la plus à même d’entretenir cette dynamique et d’aider les Etats plombés par leur dette à résorber cette dernière, tout en réduisant leurs taux de chômage respectifs.