Ecologie et banque en ligne : une conciliation qui fait va de soi ?

Malgré son importance capitale pour les jeunes générations, l’écologie est un thème qui a du mal à gagner en visibilité. La récente campagne présidentielle en a fait la démonstration, une fois de plus. Les revendications de développement d’une économie verte, soutenable, sont pourtant bien réelles. Tous les secteurs économiques sont aujourd’hui confrontés, de près ou de loin, à la nécessité d’une transition verte, vers un mode de consommation plus respectueux de l’environnement. Le monde de la finance n’échappe pas à cette tendance globale, et peut-être que ce sont les banques en ligne qui apporteront le plus rapidement des réponses concrètes.

L’écologie, une nécessité marketing

Pour mettre un nom sur ce phénomène, nous avons une fois de plus, nous avons emprunté à nos voisins anglo-saxons un mot : le “greenwashing“. Cette pratique consiste pour une entreprise à mettre en avant des actions d’inspiration écologiste dans sa communication, afin d’améliorer son image de marque auprès du consommateur. Ecologie - greenwashing - epargne en ligneSauf que parfois, quand on gratte derrière la peinture verte appliquée avec soin, on se rend compte que les pratiques destructrices pour l’environnement sont encore répandues. Le Crédit Agricole a par exemple signé un partenariat avec le WWF en 2010 pour développer des produits bancaires responsables … tout en continuant à financer des nouvelles centrales à charbon en Afrique. Une frasque qui lui a valu le prix Pinocchio (un nom évocateur) 2010 du développement durable, dans la catégorie “Greenwashing” de la part d’une ONG écologiste. La Société Générale a mis en place une taxe carbone interne, HSBC a annoncé une compensation de ses émissions de CO2 en 2010 … mais en évitant d’ébruiter les investissements polluants et autres actions anti-écolo.

Et pourtant, le secteur bancaire lui-même peut être à l’oeuvre dans le processus de prise de conscience écologique. La plus belle illustration est la création des principes Equateur, instaurés en 2003 et suivis par plus de 70 banques d’envergure mondiale. Ils engagent les banques à se renseigner de manière précise sur l’impact écologique et sociétal des projets que les banques choisissent de financer. Si l’initiative est louable, sa mise en application laisse davantage à désirer. En effet, ces financements ne représentent que 5% des activités bancaires. Toutes les demandes de crédits et autres requêtes ne sont pas étudiés sous le spectre des principes Equateur, ce qui limite fortement l’intérêt d’une telle mesure. Mais bon, peut-être est-ce un premier pas nécessaire vers une action future plus engagée.

Les banques en ligne sont-elles un nouveau paradigme ?

Il est certain que les banques en ligne partent avec une longueur d’avance sur leurs cousines physiques.  Ecologie - epargne en ligneLa première différence se situe dans les avantages évidents de réduction de papiers et de déplacements pour l’ensemble de la clientèle. Quand on connaît l’impact de la production de papier sur la consommation d’eau, l’avantage est évident. La seconde différence se situe dans la différence entre les réseaux physiques énormes des établissements traditionnels, et l’organisation centralisée des banques en ligne. Quand on n’a pas à supporter le poids économique de milliers d’agences disséminées sur le territoire, la Terre n’a pas à supporter leur poids écologique non-plus.

Enfin, des banques nouvelle génération se penchent très sérieusement sur le financement de l’économie sociale, soutenable et solidaire afin d’émerger au milieu des grands groupes. C’est par exemple le cas de Morning, une jeune entreprise toulousaine qui se bat pour porter le plus loin possible le concept de banque alternative et éthique qu’elle revendique. D’autres initiatives voient le jour dans le monde, telles que Jak en Scandinavie ou Triodos aux Pays-Bas. Il n’appartient plus qu’au consommateur de s’éduquer, et d’embrasser ces initiatives plus respectueuses de l’environnement. Peut-être que les leaders du marché tels qu’ING Direct, Hello Bank!, BforBank et Fortuneo adapteront leurs offres, sous la demande des consommateurs.