Digitalisation : le secteur bancaire a peur que ses emplois disparaissent

Chaque année, c’est un sujet qui revient sur le dessus de la table … notamment en période d’élections. Face au chômage auxquels sont soumis un certain nombre de pays occidentaux, la digitalisation est souvent pointée du doigt comme la grande responsable du bouleversement du monde du travail. En effet, la robotisation et l’automatisation prennent la place des individus à de nombreux postes de notre appareil productif : industrie, hotlines, services, construction, etc. Le monde de la banque n’échappe pas à cette logique : ce secteur qui était considéré comme intouchable il y a encore quelques années est en train de subir un véritable retournement de mentalités, qui pourrait lui être néfaste.

Les emplois vont-ils vraiment reculer à cause de la digitalisation ?

C’est fort probable, à en juger par les récentes annonces de plans de fermetures d’agences physiques. Les établissements bancaires ont été nombreux à annoncer se séparer de plusieurs centaines d’agences, parfois sans promesse de réembauche. Tant et si bien qu’aujourd’hui, selon un sondage réalisé au niveau national pour les syndicats SNB/CFE-CGC, 37% des employés du secteur bancaire craignent pour leur emploi à long terme. Ce chiffre n’était que de 23,1% en 2011, ce qui montre bien l’ampleur du malaise qui se développement à l’heure actuelle.

En tête des causes de ce phénomène figure indubitablement la transition digitale dans laquelle le secteur bancaire s’est engouffré depuis quelques décennies. Ce dernier s’est considérablement amplifié depuis l’apparition des FinTechs, et des nouveaux systèmes de mise à disposition de données tels que les APIs. La pression à la baisse sur les marges que les banques en lignes (ING Direct, Hello Bank!, Boursorama, Monabanq et bien d’autres) ont installé dans le paysage bancaire entraîne des restrictions dans les dépenses des plus grosses structures. Les agences physiques ferment petit à petit, minées par les services bancaires en ligne dont la performance s’améliore de mois en mois : Chatbots, applications, conseillers mobiles et autres dispositifs intelligents.

digitalisation secteur bancaire

Face à ce problème, quelle réponse adopter ?

On connaît tous l’exemple de l’ouvrier qui répare la machine qui lui a pourtant “volé” son travail. Cette migration vers le haut, via l’instruction et la formation personnelle, est ce qu’il pourrait se passer au sein des ressources humaines des grandes banques. Car toujours selon la même étude, plus de 80% des salariés craignent de devoir changer de métier, l’immense majorité d’entre eux à cause d’une modification trop importante des exigences de leur travail.

Nous devons donc assister à la mise en place d’un programme de formation fort de la part des ressources humaines des groupes bancaires. La digitalisation est en train de métamorphoser l’ensemble des services, de la relation client, des pratiques commerciales et du marketing, que ce soit au niveau du front ou du back office. La difficulté va être de s’adapter aux nouvelles pratiques, et former des salariés parfois sur leur fin de carrière, ou qui sont peu prolifiques sur des outils digitaux. Chaque entreprise aura une façon différente d’aborder le sujet, mais il est clair et net que la formation sera l’une des clés de la réussite de la transition numérique.