Notre avis sur Cofinoga

Parler des banques en ligne, c’est forcément essayer de recenser tous les opérateurs bancaires qui évoluent sur la toile.

Tous n’ont pas le même fonctionnement et ne visent pas les mêmes objectifs. On connaît les banques en ligne, les néobanques et les cartes bancaires prépayées.

Mais il ne faudrait pas oublier les spécialistes du crédit à la consommation. Cetelem, Younited Crédit ou Sofinco sont de ces banques qui ne proposent que du prêt personnel et, parfois, quelques contrats d’assurance.

Et parmi ces acteurs majeurs du prêt à la consommation en ligne, on trouve forcément Cofinoga.

Qui est Cofinoga ?

Cofinoga est aujourd’hui plus discrète qu’elle ne l’était dans le passé.

Créée il y a environ 40 ans, Cofinoga est une invention des Galeries Lafayette pour accompagner le développement du commerce et de l’achat de biens.

Ainsi, en ayant recours au crédit personnel, les clients pouvaient s’équiper. Cofinoga (COmpagnie FInancière des NOuvelles Galeries) a donc été créée avec les mêmes intentions que ses principaux concurrents.

Comme quoi, notre croissance est surtout due à la mise en place de crédits. Autrement dit, sans dette, pas de croissance économique.

A un moment donné de leur histoire, Cofinoga et Cofidis ont été très proches, appartenant toutes deux au groupe Pinault-Printemps-Redoute, Cofidis accompagnant le catalogue des 3 Suisses. Mais ces deux marques ont ensuite pris des chemins différents.

Cofidis est désormais filiale de la caisse fédérative du Crédit Mutuel, alors que Cofinoga, d’abord membre du groupe LaSer (pour Lafayette Service), est devenue depuis 2011 filiale de la BNP Paribas Personal Finance. Après avoir été la sœur de Cofidis, Cofinoga est aujourd’hui la fille de Cetelem

Les crédits Cofinoga.

Et même si ce rapprochement des deux structures est encore récent, force est de constater que leurs politiques et leurs cellules marketing sont désormais très proches.

Dans le fond comme dans la forme, on retrouve la même philosophie ; de multiples lignes de prêt, qui délivrent l’impression d’une gamme absolument complète et la même façon de présenter le résultat des simulations, avec des mensualités et des taux mentionnés « à partir de »…

Les prêts aux véhicules.

Exactement comme Cetelem, Cofinoga fait la différence, en apparence, entre tous les véhicules.

Moto, Voiture, Camping-car, bateau… Chaque mode de locomotion semble trouver son prêt dédié. En réalité, les différences entre chaque ligne de prêt sont vraiment minimes, voire inexistantes.

De plus, Cofinoga fait également la distinction entre les véhicules neufs et les véhicules d’occasion, avec, là encore, des différences si légères qu’elles ne méritent sûrement pas autant de lignes de crédit.

Il est plus intéressant de connaître les conditions précises d’un prêt que de savoir dans quelle catégorie il doit être rangé, non ?

Nous avons donc effectué quelques simulations, afin de tester ces différences.

Mais, non seulement il n’y en a que très peu, mais de surcroît, les résultats ressemblent énormément à ceux de Cetelem.

Par exemple, un prêt de 10 000 € sur trois ans donne exactement la même réponse que chez Cetelem ; une mensualité à partir de 287,21 €…

Pourtant, à la base, certaines données sont bien distinctes. Chez Cetelem, le plafond d’emprunt est de 75 000 €, alors qu’il est de 50 000 € seulement chez Cofinoga.

De même, le barème des taux évolue entre 1 % et 11,4 % TAEG fixe. Et toujours sans frais de dossier, comme c’est le cas pour tous ces acteurs du prêt à la consommation à l’exception de Younited Crédit.

Pour que vous notiez bien le « clonage » existant entre Cofinoga et Cetelem, voici une petite phrase que l’on retrouve, à la virgule près, chez l’un comme chez l’autre : « Les taux présentés (TAEG fixe) correspondent aux taux minimum applicables et sont indicatifs.

Ils sont susceptibles d’évoluer après l’analyse approfondie de votre demande. » Mais rien ne nous dit comment sont décidés ces taux.

Sachez toutefois que pour un véhicule d’occasion, le taux « à partir de » est supérieur de 0,50 %, passant ainsi à 2,70 %.

Mais, quel que soit le véhicule neuf, ce même taux redescend à 2,20 %. Alors, pourquoi proposer autant de lignes de prêt différentes, si c’est pour arriver aux mêmes résultats ? D’abord à des fins statistiques.

En connaissant le volume de prêt consommé et surtout leur répartition, la banque peut orienter plus facilement ses opérations commerciales temporaires.

Mais l’argument le plus important est psychologique.

En nous montrant autant de lignes de prêt, Cofinoga nous laisse à penser qu’elle n’oublie aucun de nos besoins. L’empathie est créée d’emblée.

Et vous êtes alors certains de trouver là ce qui vous conviendra. Malgré tout, on émet un doute sur cette méthode, car la multitude de prêts affichés sur la page de Cofinoga entretient un flou, et fait paraître l’accès au prêt presque compliqué.

Au final, ces banques sont donc à l’exact opposé de ce que présentent les nouvelles banques, comme les banques en ligne ou les néobanques, qui courent vers la réactivité maximale et la simplicité.

Un prêt à la consommation doit pouvoir englober tous les besoins, sans que l’on sache pourquoi le client a décidé d’emprunter.

Pour résumer les prêts aux véhicules, sachez qu’au bout du compte, Cofinoga propose deux lignes de prêt, et encore.

Les crédits sont exactement les mêmes. Seul le taux est susceptible d’évoluer un peu à la hausse pour une voiture, un bateau, un camping-car ou une moto d’occasion.

Les prêts loisirs et familles.

Les prêts plus personnels, relatifs aux loisirs et à la famille sont déclinés exactement de la même façon que les prêts aux véhicules.

Une multitude catégories de prêts pour, au final, une ou deux lignes différenciées.

Dans les faits, et pour faire plus court ici, vous ne trouverez chez Cofinoga que cinq prêts vraiment distincts ; les prêts aux véhicules qu’ils soient neufs ou d’occasion, le prêt correspondant au besoin de trésorerie sans justificatif, le prêt relatif aux travaux d’aménagement ou de décoration de la maison, le rachat de crédit et une ligne baptisée projets divers, qui regroupe toutes les raisons autres pour lesquelles vous auriez besoin d’un crédit.

Donc, si vous lisez bien le simulateur, vous vous rendez compte que toutes les catégories mentionnées sous l’onglet « loisirs et famille » sont en fait regroupées sous la ligne de crédit projets divers. Et tus ces crédits sont rigoureusement identiques.

Le plafond d’enveloppe ne dépasse jamais 20 000 €, quel que soit la raison de l’emprunt (santé, sport, loisirs, vacances, mariage…).

La durée maximale est de cinq ans, et le taux se balade entre 1% et 4,9 %.

Quel que soit la catégorie que nous choisissions, la simulation nous délivre la même réponse, inexorablement : pour 10 000 € que nous empruntons sur trois ans, notre mensualité est toujours de 292,36 € pour un taux de 3,40 % TAEG fixe. Enfin… à partir de, bien sûr…

Les prêts travaux.

Une fois encore, beaucoup de sous-catégories s’affichent (fenêtres, piscine, papier peint (?!)).

Et pourtant, toutes ces catégories donnent encore une fois la même réponse : 75 000 € empruntables sur une durée maximale de 8 ans.

Et notre petite simulation à 10 000 € sur trois ans donne encore un montant à partir de 292,36 pour un taux à partir de 3,40 TAEG fixe.

Pour information, seul le prix du prêt de trésorerie sans justificatif est annoncé plus cher, à un taux compris entre 3,9 % et 5,5 % TAEG fixe. Il n’existe donc bien que cinq lignes de prêt réellement différentes. Tout le reste, ce n’est que du marketing !

Le crédit renouvelable.

Nous passerons assez vite sur cette ligne de crédit particulière.

Et pour une raison assez simple. Le prêt renouvelable, bien que désormais modifié et plus « sécurisé » du fait d’une durée désormais limitée dans le délai de remboursement, reste un emprunt très coûteux, qui peut même s’avérer dangereux pour l’endettement des ménages.

Et puis, il y autre chose aussi. Ce prêt renouvelable ressemble en tous points au prêt renouvelable de Cetelem, jusque dans la présentation.

Un taux compris entre 3,90 % et 20,27 % TAEG révisable, sur six durées possibles allant de un an à cinq ans.

Le regroupement de crédits.

Le regroupement de crédits est une arme à double tranchant.

Si on doit l’utiliser, c’est souvent parce que l’on n’a pas le choix. Il faut baisser la mensualité des charges pour assurer le quotidien financier du foyer.

Le fait de regrouper ses prêtes consommations en une seule ligne de prêt permet donc cette baisse de mensualité. Et cela soulage énormément.

Mais le risque après avoir fait baisser l’endettement, c’est de sentir large et de replonger dans un autre crédit…

Et il faut dire que les sociétés spécialisées dans le crédit à la consommation sont assez fortes pour cela.

Sur ce point (pour pousser à la consommation via des crédits), le marketing est très bien réussi.

C’est cynique, certes, mais ça marche. La preuve ? Toutes les sociétés qui vendent des prêts à la consommation disposent également d’une ligne de regroupement de crédit au minimum.

Etape 1, on endette. Etape 2, on regroupe les crédits pour laisser de la place dans le budget mensuel. Etape 3, on ré-endette…

Comprenez qu’un regroupement de crédit ne supprime pas les crédits, mais les lisse sur une plus longue durée, tous ensemble, en un seul.

Cela permet donc de plafonner les mensualités à des seuils plus bas, permettant au foyer de respirer un peu.

Dans les faits, deux lignes de regroupement de crédit existent.

Une ligne entièrement dévouée aux prêts à la consommation, et une autre prenant également en compte tout type d’autres dettes, y compris les dettes tiers, et relevant d’une garantie hypothécaire.

On distingue ces deux lignes de prêt en rachat conso, et rachat hypo.

Mais quel que soit votre besoin, n’oubliez pas que Cofinoga fait désormais partie du groupe BNP Paribas Personal Finance.

Ce qui signifie que la banque peut jouir des produits de BNP Paribas PF, qui se trouve être spécialisée dans le rachat de crédits, sous toutes ses formes.

Encore une fois, vous trouverez ici les mêmes lignes de prêt que chez Cetelem. Normal.

De fait, évitez de distribuer vos demandes de rachats de crédits aux deux banques, elles finiront dans le même bureau.

Et au final, on se demande encore pourquoi BNP Paribas PF maintient la fausse concurrence entre ses deux marques. Après tout, Finaref a bien disparu au profit de Sofinco chez le C.A. Consumer Finance.

Il se pourrait donc qu’à moyen terme, Cofinoga disparaisse aussi de nos écrans.

Les assurances.

Comme le pratiquent désormais régulièrement les sociétés de crédit en ligne, des contrats d’assurance et d’assistance sont disponibles chez Cofinoga.

Dans les faits, il ne s’agit pas d’assurances auto ou habitation, mais plutôt de petits contrats, qui peuvent éventuellement venir se glisser en complément des contrats que vous avez déjà souscrits. Vous trouverez donc chez Cofinoga les produits suivants :

  • Une assurance emprunteur, directement issue de chez Cardif Assurance, filiale de BNP Paribas ;
  • Un contrat d’ITT, garantissant un revenu de complément en cas d’arrêt de travail ou de perte d’emploi. Bien que nous émettions des réserves sur ce type de contrat à cause des conditions d’éligibilité et des délais de carence, il se trouve que celui se révèle de meilleure tenue. Jusqu’à 800 € par mois, sur une période maximale de 12 mois (6 mois de mieux que la majorité de la concurrence). ET, mieux encore, un contrat ITT ouvert aux chefs d’entreprises individuelles. ET ça, c’est assez nouveau ;
  • Un contrat mêlant assurance D/IT (décès / incapacité totale) avec une indemnité hospitalière. En cas d’accident (et seulement en cas d’accident…), l’assurance complémentaire peut aller jusqu’à indemniser l’assuré à hauteur de 70 € par jour à l’hôpital, dès le premier jour, et à verser un capital de 70 000 €. Notez que normalement, vos indemnités journalières à l’hôpital sont versées par votre complémentaire santé. Mais tout dépend de votre niveau de garantie. Si vous avez du souscrire une mutuelle d’entreprise, sans pouvoir choisir vous-même votre niveau de garantie, on comprend que vous puissiez avoir recours à de telles complémentaires de complémentaires santé ;
  • Un contrat vous permettant de garantir la valeur de vos objets personnels en cas d’agression et/ou de vol ;
  • Un contrat plus courant sur la toile, vous protégeant contre l’usurpation d’identité ou le piratage ;
  • Un contrat d’assistance juridique complémentaire, au cas où le vôtre serait incomplet ;
  • Une garantie pour les frais d’obsèques.

Comme précisé, ces contrats viennent en complément de contrats d’assurance que vous possédez déjà (assurance santé, assurance habitation…) et viennent palier les manques de ces plus gros contrats.

Avant de souscrire, veuillez d’abord vérifier vos couvertures actuelles.

Conclusion.

Dans la région Bretagne, on se souvient encore de la Banque de Bretagne, rachetée par la BNP Paribas.

Après avoir laissé les deux entités se faire une noble concurrence durant quelques années, la BNP Paribas a décidé de rayer la Banque de Bretagne de la carte et de fusionner les agences sur le terrain.

Dans les faits, la BNP Paribas n’affectionne pas particulièrement les doublons, et réalise accessoirement ce que l’on appelle des économies d’échelle.

Si l’on précise ce léger détail, c’est juste parce que l’on voit mal comment Cofinoga et Cetelem pourraient encore coexister au sein de la même enseigne plus longtemps.

Il y a peut-être une autre voie possible.

Depuis la disparition du Crédit Immobilier de France en 2012, le Crédit Foncier n’a plus réellement de concurrence sur le secteur des prêts immobiliers sans domiciliation de salaire. Or, Cetelem est également présent sur ce créneau.

Alors peut-être que Cetelem fera du prêt immobilier, Cofinoga du prêt à la consommation, et la BNP Paribas PF s’occupera de regrouper tout ça, dans tous les sens du terme d’ailleurs (regroupement de crédit et regroupement des marques)…

Pour ce qui est de Cofinoga, on n’a pas grand-chose à dire de plus.

Ça ressemble tellement à Cetelem que…

Si on doit retenir une seule chose positive et vraiment différente de notre visite, on se rappellera du contrat d’assurance ITT, ouvert aux professionnels.

Pour le reste, c’est du classique.

Côté reproches, par contre, on en a quelques uns. C’est assez flou, brouillon même, ça manque de transparence.

Cette façon de communiquer « à partir de », c’est plus que limite, et ça donne sincèrement l’impression d’être pris pour un pigeon.

Pardon, mais c’est vraiment le sentiment que l’on a. Financo, Sofinco Younited Crédit et Cofidis affichent leurs conditions de manière plus transparente.

Et on préfère.

A la base, il semble que les nouvelles technologies aient pour but d’apporter rapidité et simplification pour les usagers.

Et décrire une vingtaine de catégories de prêt, on en peut pas dire que cela prenne la voie de la simplification, surtout quand au final, ces vingt catégories se transforment en seulement cinq prêts.

Cofinoga gagnerait certainement à faire plus simple et plus transparent. Plus moderne tout simplement.