Carte bancaire prépayée

Top 3Banques en ligneDétails
HelloBankVoir l'offre
INGDirectVoir l'offre
MonabanqVoir l'offre

Entre les banques en ligne, les néobanques, les services bancaires vendus à l’unité ou au détail et les cartes bancaires prépayées, il y a de quoi se perdre. Et d’autant plus que les classifications, d’ordinaire faites pour simplifier le repérage de ses produits, ne tiennent plus vraiment la route. Les néobanques deviennent des banques en ligne complètes, les cartes prépayées se muent en néobanques, certaines ajoutent des services bancaires, quand d’autres se limitent au dépôt et au paiement. Il peut être parfois difficile de s’y retrouver. C’est pourquoi nous avons décidé de vous éclairer un peu en reprenant les cartes prépayées les plus célèbres, et en détaillant leurs fonctionnements, leurs services et leurs tarifs.

 

Pour commencer, une carte prépayée, c’est quoi exactement ?

Une carte prépayée est tout simplement une carte bancaire, carte bleue ou carte de crédit, comme celles que nous avons l’habitude d’utiliser et que notre banque nous fournit. Vous trouverez donc des cartes prépayées Mastercard et Visa, ressemblant en tous points à celles de votre banque. Elles sont utilisables partout, en paiement comme en retrait. Mais elles sont ceci de particulier qu’elles ne sont pas reliées à un compte bancaire. Du moins pas au sens où on l’entend. Elles sont indépendantes de votre compte en banque et ont plus pour vocation de transformer l’argent liquide en argent numérique. C’est une autre manière de donner de l’argent de poche à ses enfants.

Bien sûr, on pourrait débattre sur la dématérialisation de la monnaie. Mais est-ce encore utile ? Comment empêcher quelque chose qui semble inéluctable ? C’est semble-t-il l’avenir choisi pour nous par nos dirigeants que d’éliminer l’argent pièces et papier pour le remplacer par l’argent numérique. Certaines expériences en cours en Suède par exemple se révèlent d’ailleurs très prometteuses. Le seul risque, c’est de ne plus pouvoir conserver de la valeur monétaire échangeable ailleurs que sur un compte numérique, et de voir un jour un établissement en faillite se servir goulument de notre épargne.

Mais revenons à nos cartes prépayées, qui, reconnaissons-le, présentent de beaux avantages ;

  • Tout le monde peut posséder une carte prépayée, y compris les personnes interdites de cartes bleues dans les banques. Le simple fait que ces cartes ne peuvent pas dépenser plus que ce qu’elles contiennent (le découvert est impossible) en font des moyens de paiement sécurisé, même pour celles et ceux qui auraient quelques habitudes d’achat compulsif. De très nombreuses personnes, privées de comptes bancaires, peuvent donc se retourner vers les cartes prépayées ;
  • Comme évoque plus haut, pas de découvert possible, donc plus de sécurité quant à la gestion du compte bancaire ;
  • Et puisque l’on parle de sécurité, partir en vacances avec une carte prépayée est plus sécurisant. En cas de vol, l’auteur du larcin ne pourra vider que ce qu’il y a sur la carte, pas plus. Et il n’aura pas accès au compte bancaire, puisqu’il n’est pas lié.

Avouez qu’il s’agit là d’avantages plus qu’intéressants. Plus simple, permettant l’accès au plus grand nombre et plus sécurisante. Je pense aux parents qui donnent de l’argent de poche à leurs ados, ou aux dirigeants de clubs sportifs, qui peuvent ainsi créditer une carte prépayée pour le déplacement de l’équipe et le paiement des frais. Mais même les joueurs en ligne sont ravis, de pouvoir limiter le montant de leurs mises, déjà, mais également de ne prendre aucun risque de piratage de leur carte bleue principale. Certaines cartes prépayées, comme Néosurf ou Paysafecard suggèrent même d’acheter un code à usage unique. Dès lors que le solde liée au code est dépensé, le code en question se désactive, et rend le piratage inutile et le vol très compliqué.

Il existe aussi une autre raison à l’existence de ces cartes prépayées. Ou du moins, une autre raison qui participe à leurs succès. Les paiements dits « hors taxe ». Ce peut être une excellente façon de faire transiter de l’argent sale pour le faire entrer dans le système. Achetez un coupon en liquide au bureau de tabac, entrez-le sur votre carte bleue, et payez avec un carte. C’est toujours plus discret que de sortir une liasse de billets au milieu du magasin. D’ailleurs, au départ, le but d’une grande partie de ces cartes prépayées était avant tout de pouvoir payer anonymement. Mais ça, beaucoup de gens l’ont compris très vite. Et, même si notre PIB est assez content du retour d’argent pas forcément tout blanc dans le système, il faut reconnaître que cela facilite plus la vie des voleurs que des policiers…

 

La loi applicable depuis le 1er janvier 2017.

Alors, pour éviter que le problème ne prenne trop d’ampleur, la loi a évolué. De fait, depuis le 1er janvier 2017, l’anonymat n’est plus possible que sur des montants très limités. Au-delà, il faut laisser ses coordonnées. Donc, si vous souhaitez dépenser ou recharger plus de 250 € par mois sur une carte prépayée, il vous faudra forcément laisser quelques traces de votre identité. Quant aux retraits anonymes, ils sont limités à 100 € tous les mois dans ces conditions. Les trafics en tous genres nécessitent des plafonds bien plus élevés.

En rédigeant ce texte de loi, le législateur vise autant les trafiquants que les bureaux de tabac. En effet, de nombreuses recharges s’achètent avant tout dans les bureaux de tabac. Et les buralistes n’ont aucune obligation légale (et aucun droit surtout) à demander la justification de la provenance de l’argent liquide qu’ils reçoivent en échange d’une recharge. La loi limite donc la somme en liquide reçues par les buralistes, ce qui est également plus sécurisant pour eux.

Pour tous les autres, c’est-à-dire ceux qui renseignent leur identité, pas de souci. Les plafonds utilisables sont déterminés par l’abonnement auquel ils souscrivent ou par le niveau de la carte bleue acquise. Le but de la loi est de lutter contre le financement du terrorisme et le blanchiment d’argent, pas d’empêcher l’utilisateur lambda de gérer ses comptes comme il l’entend. Notez qu’il est toujours plus discret de donner une carte bleue à quelqu’un, ou de l’envoyer par la poste, que de faire la même chose avec du liquide. Il arrive donc que certains fournisseurs de cartes prépayées doivent demander à leurs clients de régulariser leurs situations respectives, car tous n’ont pas encore sauté le pas depuis le 1er janvier.

 

Quel est le fonctionnement d’une carte bancaire prépayée ?

A la base, le fonctionnement est simple. Et il est le même pour tout le monde. Il vous suffit d’acquérir une carte prépayée, sur internet, ou dans un bureau de tabac, de la recharger, grâce à un virement depuis votre compte, avec de l’espèce, voire grâce au transfert depuis une autre carte bleue. Et vous pouvez l’utiliser où bon vous semble. Toutefois, il existe quelques subtilités, qui différencient les cartes entre elles.

 

Celles qui ne travaillent qu’avec de l’argent numérique…

Dans ce maelström d’offres, certaines sont très limitées à l’aspect sécurité. C’est le cas de Paysafecard, par exemple, qui ne distribue pas de carte bleue, mais offre un code à 16 chiffres, lié au montant commandé. Dès que le montant est dépensé en intégralité, en une ou plusieurs fois, le code se désactive et s’autodétruit. Néosurf fonctionne pour partie de la même manière. C’est une excellente solution contre le piratage.

Celles qui offrent une carte prépayée…

La grande majorité des opérateurs fonctionne comme cela. Mais quand on dit offrir, sachez tout de même que la carte est souvent payante. Vous n’êtes pas dans une banque en ligne. Mais vous trouverez des opérateurs comme Skrill qui ne facturent la carte bleue qu’à 10 € par an. D’ailleurs le géant Anglais, très peu connu en France, est l’un des acteurs de ce marché les plus fiables et les plus efficaces.

 

Celles qui proposent un RIB ou un IBAN…

C’est la grande nouveauté. Et il semble que de nombreux acteurs du marché s’en saisissent. Veritas Card, Compte Nickel, pour ne citer qu’eux, offrent donc un RIB et/ou un IBAN. De cette façon, vous pouvez faire créditer sur votre carte tous les virements arrivant habituellement sur votre compte bancaire ; salaire, prestations sociales ou simplement remboursements de frais de route pour les sportifs ou les commerciaux. Ces cartes offrent donc une double gestion pour un prix réduit et un fonctionnement simple et très réactif. Lydia a également pris ce chemin en France, et offre en plus la possibilité de piloter sa carte bleue directement depuis l’appli mobile, un peu à la manière de la néobanque N26.

Et c’est là que l’on s’aperçoit que la distinction entre néobanque et carte prépayée devient très ténue. Où se situe la limite ? Le RIB ou l’IBAN permettent à ces cartes de se nommer comptes sans banques, car elles ne sont effectivement pas banques, car ne possédant pas de licence bancaire. Une chose qui pourrait vite changer pour le Compte Nickel, racheté dernièrement par la BNP Paribas. Mais pour l’instant, l’offre de produits et services est limitée et le découvert impossible. Quant aux crédits et aux assurances, on en est encore très loin. Toutefois, ce fonctionnement minimaliste permettant virements, prélèvements, retraits et paiements convient très largement à une grande partie de la population. Il leur permet, de surcroît, d’éviter les frais bancaires trop élevés et de recevoir leurs paiements, salaires et prestations.

 

Un produit devenu incontournable.

Du fait des nombreux avantages qu’elles procurent, les cartes prépayées fleurissent sur le marché. De nouveaux opérateurs naissent chaque mois, des expérimentations sont faites grandeur nature, des systèmes Beta sont mis en place. En fait, ces cartes sont un laboratoire géant que scrutent avec attention les mastodontes de la banque classique. La preuve ? Le rachat de Compte Nickel par BNP Paribas. Il est inconcevable qu’un marché si juteux leur échappe. La disparition de l’argent papier est d’ores et déjà actée. Ce n’est plus qu’une question de temps. Le temps que les choses se fassent doucement, que les gens s’y habitent.

Et la prochaine étape sera certainement l’élimination de la carte bleue elle-même. En effet, la technologie nous permet déjà d’échanger des « crédits », quelle que soit la devise, via sms ou mails. On attend juste que les choses soient encore plus simplifiées, plus sécurisées aussi, et l’on y viendra forcément tous. Sans doute par jeu d’abord, avant d’y prendre goût. On ne décrit pas là une société futuriste froide, mais une évolution logique de nos moyens de paiement pour parvenir à plus de sécurité, de rapidité et de souplesse.

Prenez un autre exemple. Aujourd’hui, pour transférer des fonds depuis l’Amérique jusqu’en Europe, le système international SWIFT peut mettre plusieurs jours, si bien qu’il est encore plus rapide de prendre l’avion avec une mallette chargée de billets. Mais ces temps vont très vite changer. Des systèmes aujourd’hui inventés par les tenants des monnaies cryptographiques peuvent transférer ces fonds en quelques secondes à peine. Lorsque le procédé sera généralisé et adopté partout, le gain en productivité sera encore décuplé. Nous ne faisons qu’accélérer vers la prochaine innovation, et tant pis pour nos billets de banque…

En attendant, on vous laisse sur ce site avec quelques acteurs du marché que nous avons auscultés. D’autres viendront se joindre à la liste prochainement. Vous en trouverez de différents styles. Certains offrent des coupons, d’autres permettent les achats directs en ligne, à la manière de Paypal, d’autres encore sont munis de RIB ou d’IBAN. Nous les avons choisi pour leur notoriété et leurs différences, afin de pourvoir faire le tour de la question en votre compagnie.

 

Les cartes prépayées que nous avons testé :